Orange est l’un des rares groupes télécom à avoir traduit sa politique RSE en engagements chiffrés, publics et assortis d’échéances précises. Derrière les annonces, que trouve-t-on ? Des programmes opérationnels, des objectifs ambitieux et une logique qui dépasse la simple communication de marque. Voici ce que la stratégie RSE d’Orange recouvre concrètement.
Neutralité carbone et économie circulaire : les chantiers environnementaux d’Orange
Des objectifs chiffrés et une échéance fixée à 2040
Orange s’est engagé à atteindre la neutralité carbone en 2040, soit dix ans avant l’horizon fixé par l’accord de Paris. Pour y parvenir, le groupe vise une réduction de 30 % de ses émissions de gaz à effet de serre (scopes 1, 2 et 3) entre 2015 et 2025, puis de 45 % d’ici 2030 sur l’ensemble de ses périmètres. Ces trajectoires sont encadrées par le programme Lead the Future, plan stratégique du groupe qui place la décarbonation au centre du modèle économique.
Concrètement, 48 % de la consommation électrique d’Orange est aujourd’hui d’origine renouvelable. Près de 12 000 sites sont équipés de panneaux solaires. Le fonds Orange Nature, doté de 50 millions d’euros, finance des projets de reforestation et de restauration d’écosystèmes à travers le monde.
Le programme « Re » : reconditionnement et collecte à grande échelle
Face aux 100 millions de téléphones dormant dans les tiroirs des Français, Orange a structuré une réponse industrielle avec son programme « Re » (Reprise, Recyclage, Reconditionnement, Réparation). En 2024, le taux de collecte des mobiles atteint 29 % en Europe. L’offre Circular Mobility, proposée aux entreprises, permet de réduire de 26 à 40 % l’empreinte carbone d’une flotte mobile par terminal et par an (chiffre validé par AFNOR Certification).
Le groupe travaille également avec les Ateliers du Bocage (Emmaüs International) pour recycler ou reconditionner les appareils collectés. Depuis 2010, plus de 3 millions de terminaux ont été collectés. Les mobiles reconditionnés vendus chez Orange sont testés sur plus de 46 points techniques et garantis deux ans, batterie comprise.
L’inclusion numérique comme outil de cohésion sociale
L’enjeu de la fracture numérique est au cœur de la stratégie RSE d’Orange, en particulier en Afrique et dans les zones rurales françaises. Le groupe opère 25 Orange Digital Centers, des espaces gratuits d’apprentissage du code ouverts dans plusieurs pays. À cela s’ajoutent 300 FabLabs solidaires dans 26 pays et 1 700 écoles numériques en Afrique et au Moyen-Orient.
En France, Orange Concessions déploie la fibre optique sur 24 Réseaux d’Initiative Publique avec l’objectif de connecter tous les foyers et entreprises au très haut débit d’ici 2026. L’opérateur y intègre des clauses d’insertion socio-professionnelle avec des partenaires industriels et sous-traitants, et affecte une partie des redevances à l’accompagnement aux usages numériques pour les publics fragiles.
L’offre « Coup de pouce Internet » et le programme #SuperCodeurs complètent ce volet, en ciblant respectivement les foyers en précarité et les collégiens éloignés du numérique.
Diversité, éthique et gouvernance : les engagements en interne
La RSE d’Orange ne se limite pas à ses clients ou aux territoires. En interne, le groupe a signé un accord mondial avec UNI Global Union sur l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les discriminations. Le programme Neuroteam vise à intégrer les personnes neurodivergentes (troubles du spectre autistique, DYS, TDAH) dans l’environnement professionnel. Orange est aussi signataire de la Charte d’Engagement LGBT+ de L’Autre Cercle depuis 2013.
Sur le plan éthique, la politique d’achats responsables, la protection des données et la transparence vis-à-vis des parties prenantes sont formalisées dans une gouvernance structurée. La loi CSRD, entrée en vigueur le 1er janvier 2024, impose aux grandes entreprises de publier annuellement leurs données RSE : Orange s’y était préparé bien avant, avec des rapports d’impact publiés depuis plusieurs années.
Ce que la démarche RSE d’Orange illustre, au fond, c’est qu’un opérateur de réseau peut peser à la fois sur l’empreinte carbone du numérique, sur l’accès aux services et sur les conditions sociales de ses salariés. La cohérence entre ces trois dimensions reste le principal critère pour évaluer la solidité d’une telle stratégie dans la durée.







