Le marché de la RSE recrute, et pourtant il peine à trouver des candidats formés. La tension entre la demande des entreprises et l’offre de professionnels qualifiés crée une fenêtre d’opportunité réelle pour quiconque envisage une reconversion. Mais face à la densité de l’offre de formation, difficile de savoir par où commencer. Ce guide pose les bases pour choisir la bonne voie selon son profil.
Pourquoi la RSE recrute et quels métiers viser ?
Depuis la directive européenne CSRD (2022) et la loi PACTE (2019), les entreprises font face à des obligations croissantes en matière de reporting extra-financier, de stratégie environnementale et de gouvernance. Pour y répondre, elles cherchent des profils capables de piloter ces chantiers au quotidien.
Les postes les plus recherchés couvrent des réalités très différentes. Un chargé de mission RSE coordonne la politique durable de l’entreprise et travaille en lien avec tous les services. Un consultant RSE, lui, intervient en externe pour accompagner la transformation d’organisations qui débutent leur démarche. D’autres fonctions émergent : responsable des achats durables, chargé de reporting CSRD, chef de projet économie circulaire. Le salaire moyen d’un responsable RSE tourne autour de 61 000 euros bruts par an. Et selon le Baromètre Centre Inffo 2023, un actif sur deux envisage aujourd’hui une reconversion, dont beaucoup vers des métiers à impact. Le secteur ne manque pas d’attractivité.
Quels types de formations RSE existent selon votre profil ?
L’offre de formation s’est considérablement structurée ces dernières années. Trois grandes catégories répondent à des situations très différentes.
Les masters et cursus diplômants : pour construire une expertise de fond
Si vous souhaitez un diplôme reconnu de niveau Bac+5, plusieurs établissements proposent des formations dédiées. L’IAE Gustave Eiffel (Master Management de la RSE), l’Institut supérieur de l’environnement (Master Transition écologique et RSE), Sciences Po ou HEC figurent parmi les références. Le CNAM propose des formations diplômantes dès le niveau Bac+2, avec des parcours adaptés aux actifs. Ces cursus peuvent s’effectuer en alternance, ce qui permet de financer la formation tout en acquérant une première expérience dans le secteur.
Les certifications professionnelles : pour aller vite et rester opérationnel
Pour les profils déjà diplômés ou en activité, les certifications courtes offrent une porte d’entrée plus rapide. L’AFNOR propose une certification « Chef de projet développement durable et RSE », reconnue par les recruteurs. Des écoles comme l’IEQT délivrent un Bachelor Bac+3 ou un Master Bac+5 en management des risques QSE (Qualité, Sécurité, Environnement), avec 17 campus en France et un taux d’insertion de 91 % dans les six mois suivant l’obtention du diplôme. L’ESSEC, de son côté, propose un programme de transition RSE sur quelques jours intensifs, à partir de 4 500 € HT. Des formations spécialisées sur des sujets précis (bilan carbone, reporting CSRD, achats responsables) complètent ce panorama pour ceux qui souhaitent muscler une expertise ciblée.
La VAE : valoriser ce que vous savez déjà faire
Si vous avez exercé des missions liées à la qualité, la sécurité ou le développement durable, la Validation des Acquis de l’Expérience permet d’obtenir un diplôme sans repasser par une formation classique. Un an d’expérience pertinente suffit pour s’engager dans ce parcours. La VAE prend du temps, mais elle valorise un parcours réel et donne accès aux mêmes certifications que la formation initiale. Elle peut être financée via le CPF ou les aides France Travail.
Comment choisir sa formation RSE : les bonnes questions à se poser ?

Avant de consulter les catalogues, il vaut mieux clarifier son objectif. Viser un poste salarié dans une grande entreprise ne nécessite pas le même parcours qu’un projet de consultant indépendant ou qu’une spécialisation technique sur le bilan carbone.
Quelques critères concrets guident le choix :
- Le niveau de départ : certaines formations exigent un Bac+2 minimum, d’autres sont ouvertes à tous
- Le format : présentiel, distanciel ou alternance, selon votre contrainte d’agenda
- La durée : quelques jours intensifs ou plusieurs mois étalés sur l’année
- La reconnaissance : certification RNCP, diplôme d’État ou simple attestation, selon les exigences du secteur visé
Une erreur fréquente : choisir une formation uniquement parce qu’elle est éligible au CPF. L’éligibilité est un critère pratique, pas un gage de qualité. L’adéquation entre la formation et le projet professionnel reste la priorité. Il peut être utile d’échanger avec des anciens participants avant de s’engager.
Comment financer sa reconversion dans la RSE ?
Plusieurs dispositifs permettent de prendre en charge tout ou partie du coût d’une formation :
- CPF (Compte Personnel de Formation) : mobilisable directement sur moncompteformation.gouv.fr pour les formations éligibles
- PTP (Projet de Transition Professionnelle) : peu connu mais précieux, il permet de suivre une formation longue tout en conservant sa rémunération, pour les salariés en CDI ou CDD
- Aides France Travail : accessibles aux demandeurs d’emploi selon les formations référencées
- Financements OPCO : selon la branche professionnelle, les opérateurs de compétences co-financent des parcours pour les salariés en poste
- Pro-A : dispositif de reconversion par l’alternance, pour rester en emploi pendant la formation
Ces financements peuvent se cumuler selon les situations. Un conseiller France Travail ou un référent formation peut aider à identifier les options disponibles selon le profil et la formation envisagée.







