Au fond de la Creuse, dans le village de La Celle-sous-Gouzon, une entreprise fabrique des gâteaux depuis des décennies sans faire de bruit. Les Comtes de la Marche n’ont pas la notoriété des grandes marques nationales, mais ils incarnent ce modèle d’industrie agroalimentaire locale qui fait tenir un territoire rural. Entre 70 et 100 salariés selon les saisons, une certification bio et un ancrage géographique fort : l’entreprise mérite qu’on s’y arrête.
Une pâtisserie née au cœur de la Creuse
La Celle-sous-Gouzon, 23230 : ce coin de Creuse n’est pas le premier endroit où l’on pense à installer une usine de pâtisserie. C’est pourtant là que Les Comtes de la Marche ont choisi de s’établir, dans un territoire qui porte leur nom : la Marche, cette ancienne province frontière entre le Limousin et le Berry, dont les comtes ont gouverné les terres du Xe siècle jusqu’à la Révolution française.
L’entreprise s’est spécialisée dans la fabrication de biscuits, biscottes et pâtisseries de conservation, un segment qui demande autant de rigueur industrielle que de maîtrise des recettes. La production tourne à la fois sur des lignes artisanales et des chaînes industrielles, ce qui permet à la structure de répondre à différents circuits de distribution, des supermarchés régionaux aux enseignes nationales.
Des produits emblématiques du terroir
Parmi les produits phares de la maison, le moelleux à la châtaigne occupe une place à part. La châtaigne est un ingrédient profondément ancré dans la cuisine du Massif Central, et son intégration dans une pâtisserie de conservation témoigne d’une volonté de rester fidèle aux goûts du territoire.
La gamme s’articule autour de recettes travaillées, avec des textures moelleuses et des saveurs reconnaissables. L’entreprise revendique une approche artisanale dans la conception, même si les volumes de production restent industriels. Cette tension entre l’authentique et le scalable est au cœur de son positionnement commercial.
Face à la crise, une capacité à pivoter

2022 a mis Les Comtes de la Marche sous pression. Comme beaucoup d’entreprises agroalimentaires, la pâtisserie a subi de plein fouet la flambée des matières premières. L’énergie a bondi de 70 %, le beurre de 40 %, et la pénurie d’huile de tournesol (due à la guerre en Ukraine, l’un des principaux pays producteurs) a contraint l’usine à basculer vers l’huile de colza.
« La pâtisserie est en perte de vitesse car la concurrence est très rude. Notre idée était aussi de créer une marque forte. » (Éric Lavergne, directeur de l’usine)
Face à cette situation, la direction a choisi l’offensive plutôt que le repli. La marque Noot’s est née de cette volonté de diversification : des petites boules énergétiques aux parfums figues-amandes ou chocolat-cacahuètes, commercialisées d’abord dans les supermarchés creusois avant d’être distribuées à l’échelle nationale. Un pari sur un segment en croissance, celui des en-cas naturels et pratiques.
Une entreprise certifiée et ancrée dans son territoire
Les Comtes de la Marche sont certifiés par Ecocert, la référence française en matière d’agriculture biologique et de production responsable. Cette certification n’est pas un argument marketing accessoire : elle engage l’entreprise sur ses pratiques d’approvisionnement, ses processus de fabrication et la traçabilité de ses ingrédients.
Avec une note de 4,3 sur 5 sur Google (98 avis) et 4,4 sur Infobel (198 avis), l’entreprise bénéficie d’une image positive auprès de ses clients et partenaires. Dans un territoire rural comme la Creuse, une entreprise de cette taille joue un rôle économique réel : elle maintient des emplois locaux, structure une filière et fait vivre des fournisseurs régionaux.






